Les Dragons de Gatineau présentaient le dimanche 17 octobre dernier la toute première séance d’identification Under ArmourCanada Elite pour garçons. La séance s’inscrivait dans une tournée québécoise de Canada Elite, la seule organisation canadienne commanditée par le #2 mondial des articles et chaussures de sports.
Après des arrêts à Québec vendredi et Montréal samedi, les représentants d’Under Armour et Canada Elite étaient à Gatineau dans la journée de dimanche pour évaluer le talent de plus de 80 joueurs de la Ville de Gatineau et de la région de l’Outaouais mais aussi d’Ottawa et même de Toronto.
La séance d’identification venait marquer le début d’un partenariat entre Canada Elite et les Dragons de Gatineau. Grâce à ce partenariat, les Dragons seront maintenant équipés par Under Armour et auront accès à tous les évènements et circuits de compétitions nationaux de Under Armour. Les joueuses et joueurs des Dragons auront donc l’opportunité de se mesurer aux meilleures équipes du pays et d’être vus par des entraîneurs et recruteurs collégiaux et universitaires du Canada et des États-Unis.
Pour Canada Elite, la séance d’identification devait confirmer que les Dragons pouvaient les aider à rejoindre un bassin de joueuses et joueurs de haut niveau. Les jeunes de Gatineau ont répondu à l’appel et n’ont pas déçu. « Il y a assez de vraiment bons joueurs ici aujourd’hui pour faire deux ou même trois équipes de niveau national », commentait Shane James, directeur de Canada Elite.
Jemino Sobers et Shane James de Canada Elite observent les joueurs à la séance d’identification Under Armour Canada Elite présentée par les Dragons de Gatineau.
Un joueur en particulier, Emmanuel Ngo Kana Suzama, a retenu l’attention des dépisteurs. Emmanuel les avait déjà intrigué lors des deux matchs qu’il avait joués la veille dans le Circuit Basketball Québec avec les Dragons de Gatineau et il leur en a aussi mis plein la vue à la séance d’identification du dimanche.
Under Armour Canada Elite a tout de suite invité le jeune joueur de 16 ans à rejoindre leur école préparatoire, la United Scholastic Academy à Toronto. Emmanuel poursuivra donc son développement dans la ville reine dès le début du mois de novembre afin de pouvoir profiter de l’encadrement de basketball et académique de l’école préparatoire classée comme la meilleure au pays par North Pole Hoops.
En attendant de partir, il continue à se préparer pour la prochaine étape de son cheminement avec les Dragons de Gatineau et le groupe d’entrainement de l’École de basketball de Gatineau.
Emmanuel Ngo Kana Suzama des Dragons de Gatineau prend un lancer de 3-points contre Lennoxville Prep dans un match du Circuit Basketball Québec.
Le partenariat entre Under Armour Canada Elite et les Dragons de Gatineau sera très bénéfique pour les joueuses et joueurs de Gatineau et de l’Outaouais. Les Dragons de Gatineau auront un accès privilégié aux circuits de compétitions et aux événements nationaux de Under Armour comme l’a confirmé Chris Skinner, entraineur-chef de l’équipe masculine de Canada Elite, aux joueurs présents à la séance d’identification « Merci à tous d’avoir pris part à la séance d’identification aujourd’hui. Nous sommes impatients de vous revoir ce printemps à Toronto avec les Dragons de Gatineau. » Ils pourront offrir un niveau de compétition et une visibilité inégalée à leurs athlètes et mieux remplir leur mission de « Préparer le plus grand nombre de joueuses et joueurs à poursuivre leur cheminement en basketball au Collégial Division 1 ou en Prep School à la fin de leurs études secondaires ».
Les entraineurs des Dragons pourront eux aussi bénéficier du partenariat en faisant partie des équipes d’entraineurs de Canada Elite durant l’été. L’expérience qu’ils gagneront en sillonnant les États-Unis les aidera à mieux accompagner les joueuses et joueurs dans leur cheminement personnel, mais aussi à faire avancer leur carrière.
À la suite du succès de ce premier évènement, une séance d’identification pour les filles et une deuxième séance pour les garçons sont en préparation et auront lieu d’ici la fin de la saison 2021-22.
Le plan d’assouplissement des mesures sanitaires du gouvernement du Québec prévoit que la plupart des régions du Québec passeront au Palier Vert le 28 juin 2021. À ce palier d’alerte, les activités de sports et loisirs avec contacts brefs à l’intérieur seront autorisées pour les groupes de 25 personnes et moins.
Les cours d’été sont un camp d’entrainement intensif qui s’adressent aux joueuses et joueurs de 12 à 18 ans de toutes les équipes, scolaires ou civiles, de la Ville de Gatineau et de la région de l’Outaouais. En vous inscrivant au cours, vous profiterez de 30 minutes d’enseignement, 60 minutes d’entrainement et 60 minutes de compétition chaque jour en compagnie d’autres jeunes hautement motivés qui vous pousseront continuellement à vous dépasser. Les cours sont divisés en 4 semaines thématiques différentes – 2 semaines en juillet et 2 en août – et ont lieu du lundi au vendredi, en avant-midi de 9h30 à 12h00 ou en après-midi de 13h00 à 15h30, au Centre sportif de Gatineau (850 boulevard de la Gappe, Gatineau, QC J8T 7T7).
12 au 16 juillet 2021 – Habiletés individuelles
19 au 23 juillet 2021 – 1 contre 1
9 au 13 août 2021 – 2 contre 2
16 au 20 août 2021 – 3 contre 3
Vous pourrez vous inscrire en ligne dès que le lundi, 14 juin 2021, alors que l’Outaouais retournera au palier d’alerte jaune.
Les cours d’été de l’École de basketball de Gatineau sont un incontournable pour toute joueuse et tout joueur qui aspire à une carrière de basketball au niveau collégial, universitaire et professionnel. C’est le moyen idéal de vous assurer de revenir au jeu à votre meilleur pour la saison 2021-22.
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Courriel
The Gouvernement du Quebec‘s public health measure loosening plan calls for most regions of Quebec to return to the Green Level on June 28th, 2021. At this alert level, indoor sports and recreational activities with brief contacts will be authorized for groupes of 25 people or less.
Summer school is an intensive training camp for girls and boys aged 12 to 18 from all school and club teams in the City of Gatineau and the Outaouais region. When you sign up, you get get 30 minutes of teaching, 60 minutes of training and 60 minutes of competition every day with other highly motivated players who will push you to break through your current limitations. Classes are split into 4 weeks – 2 weeks in July and 2 in August – each with a different theme, and are held Monday to Friday, in the morning from 9:30 to noon or in the afternoon from 1:00 to 3:30 at the Centre sportif de Gatineau (850 boulevard de la Gappe, Gatineau, QC J8T 7T7).
July 12 to 16, 2021 – Individual skills
July 19 to 23, 2021 – 1 on 1
August 9 to 13, 2021 – 2 on 2
August 16 to 20, 2021 – 3 on 3
You can register online starting Monday, June 14, 2021, when the Outaouais goes back to the Yellow Alert Level.
The École de basketball de Gatineau’s summer school classes are a must for any player who has aspirations of playing at the college, university or professional level. It’s the ideal way to make sure you’re at the top of your game for the 2021-22 season.
Votre fils est passionné de basketball? Votre fille rêve d’une carrière professionnelle? Si votre enfant est déterminé à devenir la meilleure joueuse ou le meilleur joueur possible, l’École de basketball de Gatineau est pour vous.
L’École de basketball de Gatineau offre de l’encadrement sportif de haut niveau axé sur le développement complet de l’athlète de basketball sur les plans technique, tactique, physique et psychologique. En rejoignant l’École, votre enfant sera poussé chaque jour, par les entraineurs et les autres élèves-athlètes, à sortir de sa zone de confort et repousser ses limites.
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Courriel
Is your daughter crazy about basketball? Does your son dream about playing professionally? If your child is determined to become the best player they can be, then Gatineau School of Basketball is for you.
The Gatineau School of Basketball provides high level training focused on complete technical, tactical, physical, and psychological development of basketball athletes. By joining the school, players will be challenged every day to step outside their comfort zone and push past their current limits.
The Gatineau School of Basketball’s services are available to student-athletes through the Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais’ Sport-Études Program at École secondaire Mont-Bleu. The program supports them in the practice of their sport and the completion of their high school education by providing a class schedule and education services tailored to the specific needs of athletes. The program’s online application period for Grade 7 is from November 2nd to 27th, 2020.
Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a annoncé le 10 octobre, 2020, que la Ville de Gatineau et la MRC des Collines-de-l’Outaouais passaient en zone rouge, soit le palier d’alerte maximale. Ainsi, le 15 octobre 2020, les mesures sanitaires seront renforcées dans les milieux scolaires et sportifs. Par conséquent, tous les sports d’équipe, dont le basketball, seront suspendus.
L’Association de basketball de Gatineau annonce les mesures suivantes pour ses différents programmes.
Programme récréatif
Ligue de mini-basket de Gatineau
Le début des activités de la Ligue de mini-basket de Gatineau, prévu pour la fin de semaine du 17 et 18 octobre, 2020, est reporté indéfiniment. La ligue débutera ses activités aussitôt que les autorités de santé publique autoriseront la reprise des activités sportives organisées pour enfants.
Prendre note que les activités de la Ligue ne sont pas annulées, mais seulement suspendues et qu’aucune demande d’annulation d’inscription ou de rempboursement ne sera traité pendant la période d’alerte maximale.
Ligue de basketball 3×3 de Gatineau
Le début des activités de la Ligue de basketball 3×3 de Gatineau, prévu pour le dimanche, 1er novembre 2020, est reporté indéfiniment. La ligue débutera ses activités aussitôt que les autorités de santé publique autoriseront la reprise des activités sportives organisées pour adolescents et adultes.
Prendre note que les activités de la Ligue ne sont pas annulées, mais seulement suspendues et qu’aucune demande d’annulation d’inscription ou de rempboursement ne sera traité pendant la période d’alerte maximale. La période d’inscription pour la ligue sera prolongée.
Programme compétitif
Dragons de Gatineau
Toutes les activités en personne des Dragons de Gatineau sont suspendues indéfiniment à partir du lundi, 12 octobre, 2020, inclusivement. Les entraineurs pourront organiser des activités virtuelles à distance pendant la période d’alerte maximale. Les activités en personne reprendront aussitôt que les autorités de santé publique le permettront.
Programme de haute performance
École de basketball de Gatineau (Sport-Études)
Puisque l’École de basketball de Gatineau fait partie du cadre scolaire d’un programme Sport-Études, ses activités sont maintenues avec l’application de mesures sanitaires plus strictes tel que demandée par le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et Basketball Québec. Les étudiants-athlètes devront maintenir une distance de 2 mètres en tout temps et s’entraineront individuellement, ou encore avec un seul et même partenaire stable. Toutes les activités hors-gymnases seront remplacées par des activités virtuelles à distance.
L’ABG vous encourage à prendre soin de vous et de vos proches durant la période de d’alerte maximale. Si nous travaillons ensemble, nous pouvons contribuer à vaincre cette pandémie.
Enfin, soyez assurés que nous continuons à travailler fort pour que nos activités puissent être conformes aux exigences de santé publique et puissent recommencer le plus rapidement possible.
Pour toutes questions ou commentaires, contactez Rico Lavoie, directeur général de l’ABG à rico.lavoie@basketballgatineau.com ou au 819 210-3687.
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Courriel
The Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec announced October 10th, 2020, that the Ville de Gatineau and the MRC des Collines-de-l’Outaouais were entering the red zone, the maximum alert level. Therefore, October 15th, 2020, health and safety measures will be reinforced in schools and in sports. All team sports, including basketball, will be suspended.
The Association de basketball de Gatineau announces the following measures for its different programs.
Recreational Program
Gatineau Mini-Basketball League
The start of the Gatineau Mini-Basketball League, scheduled for the weekend of October 17th and 18th, 2020, is postponed indefinitely. The League will start its activities as soon as public health authorities authorize organized sport activities for kids.
Please note that the League’s activities are not cancelled, only postponed, and that no requests for cancellations or refunds will be processed during the maximum alert period.
Gatineau 3×3 Basketball League
The start of the Gatineau 3×3 Basketball League, scheduled for Sunday, November 1st, 2020, is postponed indefinitely. The League will start its activities as soon as public health authorities authorize organized sport activities for teenagers and adults.
Please note that the League’s activities are not cancelled, only postponed, and that no requests for cancellations or refunds will be processed during the maximum alert period. The registration period for the League will be extended.
Competitive Program
Gatineau Dragons
All Gatineau Dragons in-person activities are suspended indefinitely starting Monday, October 12th, 2020. Coaches may organize distance virtual activities during the maximum alert period. In-person activities will resume as soon as public health authorities allow it.
High Performance Program
Gatineau School of Basketball (Sport-Études)
Because the Gatineau School of Basketball is part of a school Sport-Études program, its activities will continue with stricter health and safety measures as required by the Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur and Basketball Québec. Student-athletes will be required to keep a distance of 2 meters from others and only individual activities or those with a single stable partner will be allowed. All out of gym activities will be replaced by distance virtual activities.
The ABG encourages you to take care of yourselves and your loved ones during the maximum alert level period. By all doing our part, we can help defeat this pandemic.
Finally, rest assured that we will keep working hard to make sure that all our activities will comply with, or exceed, all health and safety requirements and will be able to resume as soon as possible.
If you have any questions or comments, please contact Rico Lavoie, General Manager of the ABG at rico.lavoie@basketballgatineau.com or 819 210-3687.
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Dans l’article « La vraie nature du basketball », on est arrivé à la conclusion que l’important pour gagner au basketball était de maximiser l’écart de points. L’attaque n’est pas plus importante que la défense et vice versa. Tout ce qui compte c’est de marquer plus de points que l’adversaire. Une victoire est une victoire, que le score final soit 40-35 ou 120-105, le résultat est le même.
Ce qu’il reste à déterminer, c’est comment marquer plus de points que l’adversaire. Pour répondre à cette question, je vous propose deux expériences de pensée. La première expérience a été détaillée dans l’article précédent et la deuxième, dans celui-ci.
Expérience de pensée #2 – Égalité d’opportunités
Dans cette deuxième expérience, on reprend le même jeu modifié et les mêmes équipes que la dernière fois. L’équipe A commence en attaque et l’équipe B, en défense. Mais, cette fois, l’équipe A reste en attaque (et l’équipe B, en défense) pour un nombre d’opportunités de marquer déterminé. Une opportunité de marquer commence quand l’équipe en défense remet le ballon à l’attaque (“check” le ballon) et se termine quand l’équipe en attaque fait un panier ou quand l’équipe en défense prend le contrôle du ballon. Puis c’est au tour de l’équipe B d’être en attaque (et l’équipe A, en défense) pour le même nombre d’opportunités de marquer.
Pour simplifier l’expérience, on suppose encore que tous les paniers ont une valeur de 2 points, qu’il n’y a pas de limite de temps pour prendre un lancer (« shot clock ») et que les joueurs ne commettent jamais de faute.
Est-ce que la stratégie doit être différente? Si oui, quels ajustements doivent être faits?
Commençons à jouer pour le découvrir. L’équipe A, Albert, Alfred et Alphonse, joue contre l’équipe B, Bérangère, Bernadette et Berthe. Les deux équipes ont chacune 10 opportunités de marquer en attaque.
Match #1
Dans le premier match, Les deux équipes ne sont pas certaines de la stratégie à adopter et prennent toujours 20 secondes avant de prendre un lancer. Les deux adversaires sont de forces semblables et chacune prend 10 lancers et en réussit 5. Le résultat est un match nul de 10-10.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
10
50.0%
10 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
10
50.0%
10 points
Les deux équipes croient qu’elles peuvent faire mieux et décident de jouer un autre match.
Match #2
Albert se souvient que, la dernière fois, une fréquence de lancer plus rapide permettait de marquer plus de points. Il propose de changer de stratégie et de prendre un lancer chaque 15 secondes.
L’équipe B ne sait pas vraiment quel ajustement apporter et décide de ne pas changer sa stratégie.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 15 s
10
50.0%
10 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
10
50.0%
10 points
Le résultat est le même. Même si l’équipe A y est arrivé plus vite, chaque équipe prend 10 lancers et en réussit 5. C’est encore l’égalité 10-10. Les deux équipes sont très compétitives et décident de jouer un autre match.
Match #3
Alfred constate que jouer plus rapidement n’a pas fonctionner. Il propose donc de jouer plus lentement. L’équipe accepte sa suggestion et change sa stratégie.
L’équipe B analyse les résultats des 2 premiers matchs. Bérangère fait remarquer à ses coéquipières que l’équipe A a joué plus rapidement qu’eux dans le dernier match mais qu’elle a quand même pris seulement 10 lancers, exactement le même nombre qu’eux.
Bernadette leur rappelle que le nombre de points marqués dépend du nombre de lancers et du taux de réussite.
$bbox[10px,border:2px solid #000000]{ mathsf{Points} propto mathsf{Nombre de lancers} cdot mathsf{Taux de reussite}}$
Puisque cette fois ce n’est pas la durée du temps de jeu qui est fixe, la fréquence de lancer n’aura pas d’impact sur le nombre de lancers. Comme c’est le nombre d’opportunités de marquer qui est fixe, Berthe conclu que pour augmenter son nombre total de lancers, l’équipe doit augmenter son nombre de lancer par opportunité de marquer. Si elle ne réussit pas à marquer sur son premier lancer, elle doit se donner une chance supplémentaire de lancer. Elle suggère de se concentrer sur les rebonds offensifs et l’équipe adopte cette stratégie.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 24 s
10
60.0%
12 points
Équipe B
Rebonds offensifs
Nombre de lancers
Taux de réussite
2
12
50.0%
12 points
L’équipe A prend toujours le même nombre de lancer, mais, en jouant plus lentement, réussit à augmenter son taux de réussite à 60%. Ils marquent 12 points cette fois.
L’équipe B se concentre sur les rebonds offensifs. Elle a toujours le même taux de réussite, mais en récupérant 2 rebonds offensifs, elle peut prendre 2 lancers de plus. Elles marquent aussi 12 points.
Puisqu’il n’y a toujours pas de gagnant, il faut jouer un autre match.
Match #4
Alphonse est très encouragé par la stratégie utilisée dans le troisième match. Il soutient que si jouer lentement a bien fonctionné, jouer très lentement fonctionnera surement encore mieux.
Berthe félicite l’équipe d’avoir trouvé une façon d’augmenter son nombre de lancers. Elle remarque cependant qu’elles n’ont pas obtenue la victoire car l’équipe A a augmenté son taux de réussite.
Bernadette ne sait pas comment diminuer le taux de réussite de l’équipe A. Mais, elle croit que si augmenter le nombre total de lancers de leur équipe les a aidés, alors diminuer le nombre total de lancers de l’adversaire devrait aussi être bénéfique. Bérangère est d’accord et propose de se concentrer à causer des revirements en défense.
Équipe A
Revirements
Nombre de lancers
Taux de réussite
2
8
75.0%
12 points
Équipe B
Rebonds offensifs
Nombre de lancers
Taux de réussite
2
12
50.0%
12 points
La stratégie de l’équipe A fonctionne encore, elle réussit 75% de ses lancers. Mais, puisque 2 de ses opportunités de marquer se terminent par des revirements, elle ne prend que 8 lancers et ne marque que 12 points encore une fois.
Malgré un taux de réussite beaucoup plus bas de 50% et grâce à un plus grand nombre de lancers, l’équipe B marque elle aussi 12 points.
Personnellement, je commence à être un peu tanné des compétitions imaginaires qui se terminent toujours par un match nul. Je vais essayer de rendre les choses plus intéressantes en comptant les lancers de 3-points pour le dernier match.
Match #5
L’équipe A est vraiment fière de sa performance du match précédent et n’apporte aucun changement.
L’équipe B prend le temps de réfléchir à l’impact de l’ajout des lancers de 3-points. Puisque la valeur d’un panier n’est maintenant plus toujours la même, le nombre de points marqués dépendra de trois facteurs.
$$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rcl} mathsf{Points} & propto & mathsf{Nombre de lancers} cdot mathsf{Taux de reussite} cdot mathsf{Valeur de panier}end{array}}$$
Les joueuses débattent de la différence entre la valeur des paniers de 2-points et les paniers de 3-points. Bérangère croit qu’un panier de 3-points vaut 50% de plus qu’un panier de 2-points. Bernadette croit plutôt qu’un panier de 2-points vaut 33% de moins qu’un panier de 3-points. Berthe réussi cependant à mettre tout le monde d’accord sur le fait qu’un panier de 3-points vaut très exactement 1 point de plus qu’un panier de 2-points et vice versa. L’équipe B aime faire plus de points et décide de privilégier les lancers de 3-points.
Équipe A
Revirements
2PTSNombre de lancers
2PTSTaux de réussite
3PTSNombre de lancers
3PTSTaux de réussite
2
8
75.0%
0
–
12 points
Équipe B
Rebonds offensifs
2PTSNombre de lancers
2PTSTaux de réussite
3PTSNombre de lancers
3PTSTaux de réussite
5
0
–
15
33.3%
15 points
L’équipe A prend seulement des lancers de 2-points et le résultat est le même : 2 revirements – 8 lancers – 75% de réussite – 6 paniers – 12 points.
L’équipe B ne prend que des lancers de 3-points. Elle récupère 5 rebonds offensifs et malgré un taux de réussite de seulement 33.3%, elle réussit 5 lancers de 3-points sur 15 pour un total de 15 points.
On a une équipe gagnante. On peut enfin arrêter l’expérience de pensée et analyser les résultats.
Analyse de l’expérience
Quelles conclusions peut-on tirer de cette expérience? Analysons les résultats des matchs.
Possession
La première chose qu’il faut comprendre, c’est que, dans cette expérience, les deux équipes ont le même nombre d’opportunités de marquer. Contrairement à l’expérience précédente, la fréquence à laquelle les équipes prennent leurs lancers n’a aucun impact sur le nombre total des lancers qu’elles peuvent prendre. Peu importe si elles lancent plus rapidement ou plus lentement, le nombre d’opportunités de marquer reste toujours le même.
Dans le domaine des statistiques du basketball, une opportunité de marquer s’appelle une possession. Une possession commence quand une équipe prend le contrôle du ballon et se termine quand l’équipe adverse prend contrôle du ballon à la suite d’un revirement (violation, faute offensive ou perte/vol de ballon), un rebond défensif, un panier réussi ou la fin d’une période de jeu. À partir de maintenant, on parlera de possession plutôt que d’opportunité de marquer.
Puisque, dans cette expérience de pensée, le nombre de possession est le même pour chaque équipe, l’objectif doit être de tirer le maximum de chaque possession, d’être le plus efficace possible.
Efficacité
Comment faire pour maximiser l’efficacité d’une possession? Il faut maximiser l’espérance mathématique des points marqués de la possession.
C’est quoi ça l’espérance mathématique? C’est simple, c’est « la somme des produits des valeurs d’une variable aléatoire par leur probabilité ». En français, ça veut dire que c’est le résultat auquel on peut s’attendre, en moyenne, à long terme, d’une action dont le résultat est incertain.
$$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rcl}
mathsf{Esperance mathematique} &
= &
mathsf{Somme} left(mathsf{Probabilite} times mathsf{Valeur}right)
\
mathbb{E}&
= &
left(mathsf{P_1} times mathsf{V_1}right) + left(mathsf{P_2} times mathsf{V_2}right) + cdots + left(mathsf{P_n} times mathsf{V_n}right)
\
mathbb{E}&
= &
sumlimits_{i=1}^n{mathsf{P_i} times mathsf{V_i}}
end{array}}$$
Au basket, l’action qui nous intéresse, c’est le lancer. Il y a deux résultats possibles et incertains à un lancer : réussi ou raté. On peut donc calculer l’espérance mathématique d’un lancer avec la formule suivante :
$$bbox[10px,border:2px solid #000000]{ begin{array}{rcl} mathbb{E}left(mathsf{lancer}right)& = & left(mathsf{P_{reussi}} times mathsf{V_{reussi}}right) + left(mathsf{P_{rate}} times mathsf{V_{rate}}right) \ & = & left(mathsf{P_{reussi}} times mathsf{V_{reussi}}right) + left(mathsf{P_{rate}} times 0right) \ & = & left(mathsf{P_{reussi}} times mathsf{V_{reussi}}right) + 0\ & = &mathsf{P_{reussi}} times mathsf{V_{reussi}} end{array}}$$
Par exemple, un joueur qui attaque le panier pour un lay-up et qui a 50% de chance de réussir son lancer (et 50% de chance de le rater) a une espérance mathématique de 1 point.
Résultat
Probabilité
Valeur
𝔼
Lancer réussi
50.0%
2
1
Lancer raté
50.0%
0
0
Espérance mathématique
1
On peut calculer l’espérance mathématique d’un autre joueur qui prend un lancer de 3-points et qui a 35% de chance de réussir en utilisant la formule :
Évidemment, un lancer spécifique ne marquera jamais 1.05 points. Il marquera 3 points dans 35% des cas et aucun point dans l’autre 65% des cas. L’espérance mathématique signifie que, en moyenne, à long terme, en prenant ce type de lancer, on peut s’attendre à marquer 1.05 points par lancer.
Maintenant qu’on sait comment calculer l’espérance mathématique d’un lancer, on peut s’intéresser à l’espérance mathématique d’une possession. Puisqu’une possession est composée d’un ensemble de 0, 1 ou plusieurs lancers, l’espérance mathématique d’une possession peut être défini comme la somme de l’espérance ses lancers.
$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rcl} mathbb{E}left(mathsf{possession}right) & = & mathbb{E}left(mathsf{lancer_1}right) + mathbb{E}left(mathsf{lancer_2}right) + cdots + mathbb{E}left(mathsf{lancer_n}right) \ & = & left(mathsf{P_{reussi_1}} times mathsf{V_{reussi_1}}right) + left(mathsf{P_{reussi_2}} times mathsf{V_{reussi_2}}right) + cdots + left(mathsf{P_{reussi_n}} times mathsf{V_{reussi_n}}right) \ & = & sumlimits_{i=1}^n{mathsf{P_{reussi_i}} times mathsf{V_{reussi_i}}} end{array}}$
Techniquement, c’est un peu plus compliqué que ça. Il faudrait tenir compte de la probabilité de revirement, de rebonds offensifs et de lancer raté (opportunité de rebond offensif). Mais c’est déjà assez compliqué comme ça et ces facteurs supplémentaires n’auraient aucun impact sur les conclusions qu’on pourrait tirer.
Selon cette formule, l’efficacité d’une possession dépend de trois facteurs :
Le nombre de lancers
La probabilité de réussite des lancers
La valeur des lancers
Nombre de lancers
Puisque l’espérance mathématique d’une possession est la somme de l’espérance mathématique de ses lancers, chaque lancer pris dans une possession augmente son espérance mathématique et donc son efficacité.
Une possession peut se terminer par un revirement, la fin d’une période de jeu ou un lancer. Il est impossible de marquer des points par un revirement ou par la fin d’une période. Quand une possession se termine de cette manière, l’équipe en attaque perd une chance de lancer et d’augmenter l’efficacité de cette possession.
En revanche, quand une possession se termine par un lancer, n’importe quel lancer, même le pire lancer du monde, l’équipe a une chance de marquer des points.
Quand le lancer est réussi, l’équipe en attaque marque des points et la possession se termine avec succès.
Quand le lancer est raté, il y a une opportunité de rebond. Si l’adversaire récupère le rebond défensif, la possession prend fin. L’équipe en attaque ne marque pas de point, mais elle a quand même eu une chance d’en marquer. Si c’est l’équipe en attaque qui récupère le rebond offensif, la possession se poursuit. L’équipe a une autre chance de lancer et d’augmenter son efficacité.
Pour augmenter l’efficacité d’une possession, il faut terminer la possession par un lancer, jamais par un revirement ou une fin de période. Il faut aussi prolonger la possession en récupérant des rebonds offensifs jusqu’à ce que la possession se termine avec succès. Bien sûr, il n’est pas possible d’éviter complètement les revirements et de récupérer tous les rebonds offensifs, mais chaque fois qu’on réussit, on augmente son efficacité.
La probabilité de réussite des lancers
Plus la probabilité de de réussite est élevé, plus son espérance mathématique est élevé.
Si on a le choix, il est préférable de prendre des lancers comme ceux-ci, plutôt qu’un lancer dos au panier, par dessus la tête, sans attraper le ballon avant. Le nombre de points marqués pour un lancer réussi reste le même, mais les chances de réussite sont pas mal plus élevés pour Boban que pour Trevor.
La valeur des lancers
Si je vous propose les deux paris suivants, lequel devriez vous accepter?
J’ouvre le dictionnaire le Petit Larousse Illustré 2020 (oui, oui, ça existe encore des dictionnaires papier) à une page au hasard et je choisi un mot au hasard, si ce mot contient cinquante-douze lettre vous perdez, sinon vous gagnez. Le coût de pari est de 1$ et vous pouvez gagnez 2$.
Je lance un dé standard à six faces, si le dé tombe sur 1, 2, 3, 4 ou 5 vous perdez, s’il tombe sur 6 vous gagnez. Le coût du pari est de 1$ et vous pouvez gagnez 250 000 000$.
Dans le premier pari vos chances de gagner sont de 100% (cinquante-douze, même si ça sonne bien, ce n’est pas un vrai nombre), alors que dans le deuxième, elles ne sont que de 16.7%.
Devriez-vous accepter le premier pari? Fermez les yeux et imaginez ce que vous pourriez faire avec votre profit de 1$ (Prenez votre temps, je vais vous attendre).
Il se peut que certains d’entre vous préfèrent vivre plus dangereusement et risquer de perdre 1$ pour avoir la chance d’en gagner 249 999 999$. C’est votre choix, je respecte ça.
Au basketball aussi, il n’est pas suffisant de considérer seulement les chances ce réussite d’un lancer, il faut aussi considérer sa valeur.
Supposons qu’un joueur de la NBA qui se positionne dans le coin pour recevoir une passe quand un coéquipier attaque le panier. Il doit bien choisir son emplacement. S’il se place à 22 pieds du panier, son pourcentage de réussite est de 35% et la valeur de son lancer est de 3 points, à 21 pieds, son pourcentage de réussite augmente à 40%, mais la valeur de son lancer baisse à 2 points.
À 22 pieds l’espérance mathématique est $35% times 3 mathsf{ points} = 1.05 mathsf{ points}$, à 21 pieds elle n’est plus que de $40% times 2 mathsf{ points} = 0.8 mathsf{ points}$. À moins de pouvoir réussir plus de 52.5% des ses lancers à 21 pieds contre 35% à 22 pieds, ce joueur ne devrait jamais se positionner juste à l’intérieur de la ligne de 3-points. Et si c’était le cas, je lui suggérerait plutôt de trouver pourquoi son pourcentage baisse aussi dramatiquement quand il recule de 12 pouces et de régler le problème.
Les Suns de Phoenix de 2004-05
Comme les Nuggets de Denver en 1990-91, les Suns de Phoenix de 2004-2005 ont eu la meilleur attaque et la pire défense de la ligue.
Denver 1991
Phoenix 2005
PTS/G
119.9 (1er/27)
110.4 (1er/30)
Opp. PTS/G
130.8 (27e/27)
103.3 (30e/30)
PACE
113.7 (1er/27)
95.9 (1er/30)
W-L
20-62 (27e/27)
62-20 (1er/30)
Pourtant, les Suns ont cumulé la meilleure fiche de la ligue avec 62 victoires. Tout le contraire des Nuggets qui ont subi la défaite 62 fois, la pire fiche de la ligue. En regardant, le nombre de points marqués par match, on pourrait croire que les Nuggets étaient meilleurs en attaque que les Suns. Après tout, ils ont marqué 9.5 points de plus par match, mais ce serait oublier de prendre en considération le rythme de jeu des équipes (PACE). Les Nuggets ont utilisé 113.7 possessions par 48 minutes alors que les Suns en ont utilisé seulement 95.9. Pour comparer les deux équipes, il faut utiliser une mesure qui tient compte de cette différence. Le Offensive Rating (OFFRTG) est une mesure du nombre de points marqués par une équipe par 100 possessions.
Denver 1991
Phoenix 2005
PTS/G
119.9 (1er/27)
110.4 (1er/30)
Opp. PTS/G
130.8 (27e/27)
103.3 (30e/30)
PACE
113.7 (1er/27)
95.9 (1er/30)
W-L
20-62 (27e/27)
62-20 (1er/30)
OFFRTG
105.2 (21e/27)
114.5 (1er/30)
En comparant les Nuggets et les Suns selon leur efficacité offensive, on arrive à la conclusion inverse. À chaque 100 possessions, les Suns ont marqué 114.5 points, 9.3 points de plus que les Nuggets pour le même nombre de possessions.
Mais le OFF RTG, nous permet aussi de comparer la force de l’attaque des Suns et des Nuggets par rapport aux autres équipes de la ligue au cours de la même saison. Les Suns ont été la meilleure attaque de la ligue, mais les Nuggets se retrouvent au 21e rang sur 27 équipes. Les Nuggets, malgré le nombre élevé de point qu’ils ont marqué, étaient une des pires équipes de la NBA en termes d’efficacité offensive.
Puisque dans un même match les deux équipes bénéficient du même nombre de possessions, c’est en ayant une meilleure efficacité qu’une équipe peut avoir l’avantage sur son adversaire. (En fait, il est théoriquement possible qu’une équipe ait 1 possession de plus que son adversaire à chaque période de jeu. Dans un match de 4 quarts, une équipe chanceuse pourrait avoir 4 possessions de plus que l’autre. En pratique, à long terme, ces différences finissent par s’annuler et on peut considérer que le nombre de possessions est le même).
La raison pour laquelle les Nuggets ont eu une fiche de 20-62, n’est pas qu’ils avaient une attaque exceptionnelle qui ne pouvait pas compenser pour une défense trop faible. Mais bien, qu’en termes d’efficacité, les Nuggets avaient la pire défense de la ligue, en plus d’avoir une des pires attaques. En 1990-91, le OFFRTG et le DEFRTG moyen de la ligue était de 107.9. Les Nuggets avait une efficacité défensive et offensive inférieures à la moyenne; de 6.8 points par 100 possessions en défense et de 2.7 points par 100 possessions en attaque.
Les Suns, quant à eux, ont terminé au 1er rang de la ligue pour l’efficacité offensive, 8.4 points par 100 possessions de plus que la moyenne de la ligue. En défense, ils se sont retrouvés au 17e rang, seulement 1 point par 100 possessions derrière la moyenne de la ligue.
Dans un sport comme le basketball, où les 2 équipes ont le même nombre de possessions, l’équipe qui réussi à tirer le maximum de ses possessions obtient la victoire.
Dans le dernier article, on est arrivé à la conclusion que l’important pour gagner au basketball, c’est de maximiser l’écart de points. L’attaque n’est pas plus importante que la défense et vice versa. Tout ce qui compte, c’est de marquer plus de points que l’adversaire. Une victoire est une victoire. Que le score final soit 40-35 ou 120-105, le résultat est le même.
Ce qu’il nous reste à déterminer, c’est comment faire plus de points que l’adversaire. Pour répondre à cette question, je vous propose deux expériences de pensée. La première expérience sera détaillée dans cet article et la deuxième, dans le prochain.
Expérience de pensée #1 – Égalité de temps
Dans la première expérience, on suppose que deux équipes s’affrontent dans un jeu modifié. L’équipe A commence en attaque et l’équipe B, en défense. L’équipe A reste en attaque (et l’équipe B, en défense) pour une durée déterminée de temps. Puis c’est au tour de l’équipe B d’être en attaque (et l’équipe A, en défense) pour la même durée de temps.
Pour simplifier l’expérience, on suppose aussi que tous les paniers ont une valeur de 2 points, qu’il n’y a pas de limite de temps pour prendre un lancer (« shot clock ») et que tous les joueurs sont très disciplinés (ou manquent vraiment d’agressivité) et ne commettent jamais de faute.
Quelle stratégie donne les meilleures chances de gagner?
Voyons un exemple concret: l’équipe A (Albert, Alfred et Alphonse) joue contre l’équipe B (Bérangère, Bernadette et Berthe). À son tour en attaque, chaque équipe a 2 minutes de temps de jeu pour faire le plus de points possibles.
Match #1
Dans le premier match, les deux équipes sont patientes et prennent toujours 20 secondes avant de prendre un lancer. Les deux équipes sont de forces comparables et réussissent la moitié de leurs lancers.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
6
50.0%
6 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
6
50.0%
6 points
Chaque équipe prend 6 lancers (2 minutes / 20 secondes = 6) et en réussi 50%. Selon mes calculs, la moitié de 6, c’est environ 3 (vous pouvez vérifier si vous ne me croyez pas). La partie se termine donc avec un score de 6-6 (6 lancers – 50% de réussite – 3 paniers – 6 points).
Les deux équipes sont insatisfaites de ce résultat insatisfaisant. Elles décident donc de jouer un autre match en espérant obtenir satisfaction avec un résultat plus satisfaisant.
Match #2
Albert, Alfred et Alphonse décident d’utiliser la même stratégie, mais d’essayer plus fort dans le deuxième match. Malheureusement pour eux, le résultat est le même : 6 lancers – 50% de réussite – 3 paniers – 6 points.
Bérangère, Bernadette et Berthe analysent leur stratégie du premier match. Elles arrivent à la conclusion que le nombre de points marqués dépend de 3 choses : le nombre de lancers tentés, le taux de réussite des lancers et la valeur des paniers.
$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rcl} mathsf{Points} & propto & mathsf{Nombre de lancers} cdot mathsf{Taux de reussite} cdot mathsf{Valeur de panier}end{array}}$
Puisque dans cette expérience tous les paniers ont une valeur de 2 points, il ne reste que deux facteurs : le nombre de lancers et le taux de réussite.
$$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rcl} mathsf{Points} & propto & mathsf{Nombre de lancers} cdot mathsf{Taux de reussite} cdot mathsf{cancel{Valeur de panier}} \ && mathsf{Nombre de lancers} cdot mathsf{Taux de reussite} end{array}}$$
Comme elles n’ont pas le temps de se pratiquer pour améliorer leur taux de réussite, elles décident de se concentrer sur le nombre de lancers tentés. Étant vraiment douer en maths, elles réalisent que si elles prennent des lancers plus rapidement (toutes les 15 secondes), elles prendront 8 lancers plutôt que 6. L’équipe B applique son plan à la perfection : 8 lancers – 50% de réussite – 4 paniers – 8 points.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
6
50.0%
6 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 15 s
8
50.0%
8 points
L’équipe B est vraiment très satisfaite de sa victoire extraordinaire de 8-6, mais l’équipe A l’est beaucoup moins.
Albert refuse de s’avouer vaincu et demande un match ultime qui déterminera, une fois pour toutes, qui est la meilleure équipe de l’univers à ce jeu modifié que je viens d’inventer et sans aucune importance.
Match #3
L’équipe A garde la même stratégie, mais, cette fois-ci, ils donnent leur 110%. Ça ne change absolument rien, 6 points.
L’équipe B décide de joueur encore plus rapidement et de prendre un lancer toutes les 8 secondes. De vraies malades!
En jouant aussi rapidement, la qualité de leurs lancers diminue. Leur pourcentage de réussite n’est que de 33.3%. Elles prennent 15 lancers (2 minutes / 8 secondes = 15), en réussissent 5 et marquent 10 points.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 20 s
6
50.0%
6 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 8 s
15
33.3%
10 points
Une autre victoire impressionnante au compte de 10-6 pour l’équipe B. Il faut remarquer que, même si l’impact négatif sur son taux de réussite avait été plus grand, elle aurait quand même eu de bonnes chances de gagner.
En prenant un lancer à toutes les 8 secondes, un taux de réussite de 20% seulement lui aurait permis de faire aussi bien que l’équipe A, qui a pris un lancer chaque 20 secondes et en a réussis 50%.
L’équipe A est dévastée. Les joueurs vont rejoindre leurs parents et amis dans les estrades. Ceux-ci les consolent, les encouragent et leur offrent de précieux conseils.
« C’est pas grave, vous avez seulement été malchanceux! »
« Vous êtes capables! »
« Lâchez-pas! »
« Pliez-vos genoux! »
« Jouez en équipe! Faites plus de passes! »
« Prenez votre temps! »
L’équipe A exige un deuxième dernier match (pour vrai cette fois) et l’équipe B accepte avec plaisir.
Match #4
L’équipe A décide d’appliquer tous les conseils qu’ils ont reçus. Ils jouent ce match en étant non seulement chanceux d’avoir les genoux pliés, mais aussi en étant capables de ne pas lâcher.
Ils choisissent aussi de jouer en équipe (et donc de faire plus de passes) et de prendre plus leur temps. Ils prennent un lancer toutes les 24 secondes et obtiennent un taux de réussite de 100% (c’était vraiment un super bonne idée de ne plus être malchanceux). Ils prennent 5 lancers ( 2 minutes / 24 secondes = 5 ) et comptent un remarquable 10 points.
L’équipe B, elle, décide de vraiment se faire plaisir cette fois. Elle prend un lancer chaque 3 secondes. Le résultat est catastrophique. Elle ne réussit que 12.5% de ses lancers. Sur les 40 lancers tentés, seulement 5 sont réussis et l’équipe ne marque qu’un misérable 10 points.
Équipe A
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 24 s
5
100.0%
10 points
Équipe B
Fréquence de lancers
Nombre de lancers
Taux de réussite
1 / 3 s
40
12.5%
10 points
C’est un match nul! L’équipe A est très satisfaite de ce résultat insatisfaisant! L’expérience de pensée est terminée et tout le monde peut enfin rentrer chez eux.
Analyse de l’expérience
En prenant un peu de recul et en analysant les résultats de ces matchs, on peut tirer quelques conclusions intéressantes.
Le nombre de points marqué par une équipe dépend du nombre de lancers (qui lui dépend de la fréquence de lancer) et du taux de réussite des lancers.
$$bbox[10px,border:2px solid #000000]{begin{array}{rccl} mathsf{Points} & propto & mathsf{Nombre de lancers} & cdot mathsf{Taux de reussite} \ & propto & overbrace{mathsf{Temps de jeu} cdot mathsf{Frequence de lancer}} & cdot mathsf{Taux de reussite} end{array}}$$
Si le taux de réussite des lancers reste constant :
Une augmentation de la fréquence de lancer (lancer plus rapidement, prendre moins de temps par lancer) mène à une augmentation du nombre de points marqués
Une diminution de la fréquence de lancer (lancer plus lentement, prendre plus de temps par lancer) mène à une diminution du nombre de points marqués
Taux de réussite
Fréquence
Points marqués
⟺ Constant
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⟺ Constant
⇓ Diminution
⇓ Diminution
Lorsque la fréquence de lancer augmente
Le nombre de points marqués augmente si :
Le taux de réussite augmente
Le taux de réussite reste constant
Le taux de réussite diminue moins rapidement que la fréquence augmente
Le nombre de points marqués reste constant si :
Le taux de réussite diminue aussi rapidement que la fréquence augmente
Le nombre de points marqués diminue si :
Le taux de réussite diminue plus rapidement que la fréquence augmente
Fréquence
Taux de réussite
Points marqués
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⟺ Constant
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⇓ Diminution (Moins rapide que fréquence)
⇑ Augmentation
⇑ Augmentation
⇓ Diminution (Aussi rapide que fréquence)
⟺Constant
⇑ Augmentation
⇓ Diminution (Plus rapide que fréquence)
⇓ Diminution
Lorsque la fréquence de lancer diminue
Le nombre de points marqués augmente si :
Le taux de réussite augmente plus rapidement que la fréquence augmente
Le nombre de points marqués reste constant si :
Le taux de réussite augmente aussi rapidement que la fréquence augmente
Le nombre de points marqués diminue si :
Le taux de réussite augments moins rapidement que la fréquence augmente
Le taux de réussite reste constant
Le taux de réussite diminue
Fréquence
Taux de réussite
Points marqués
⇓ Diminution
⇓ Diminution
⇓ Diminution
⇓ Diminution
⟺ Constant
⇓ Diminution
⇓ Diminution
⇑ Augmentation (Moins rapide que fréquence)
⇓ Diminution
⇓ Diminution
⇑ Augmentation (Aussi rapide que fréquence)
⟺Constant
⇓ Diminution
⇑ Augmentation (Plus rapide que fréquence)
⇑ Augmentation
En lançant à une fréquence plus élevée (plus rapidement), on a plus de chances de marquer. Il faut augmenter sa fréquence de lancer tant et aussi longtemps que son taux de réussite ne diminue pas plus vite que sa fréquence de lancer augmente.
Par exemple, une équipe a le profil suivant :
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 15 secondes
50.0%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{15 s}} times mathsf{50.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{20 lancers} times mathsf{50.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{10 paniers} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{20 points}
end{array}$$
Si elle augmente sa fréquence de lancer et que son taux de réussite reste constant, elle marquera plus de points.
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 12 secondes
50.0%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{12 s}} times mathsf{50.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{25 lancers} times mathsf{50.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
color{green}{mathsf{25 points}}
end{array}$$
Même si une augmentation de la fréquence de lancer entraine une diminution du taux de réussite, tant que la diminution du taux de réussite est proportionnellement moins grande que l’augmentation de la fréquence, l’équipe marquera plus de points.
Si l’équipe prend un lancer chaque 12 secondes plutôt que toutes les 15 secondes, elle une augmente sa fréquence de lancer de 25%. Si son taux de réussite diminue aussi de 25%, le nombre de points marqués reste constant. Mais s’il diminue de moins de 25%, le nombre de points marqués augmente.
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 12 secondes
40.0% Diminution de 25%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{12 s}} times mathsf{40.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{25 lancers} times mathsf{40.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{20 points}
end{array}$$
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 12 secondes
41.0% Diminution de 22%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{12 s}} times mathsf{41.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{25 lancers} times mathsf{41.0%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
color{green}{mathsf{20.5 points}}
end{array}$$
Inversement, elle peut diminuer sa fréquence de 25% et prendre un lancer chaque 18.75 secondes plutôt que toutes les 15 secondes. Dans ce cas, si le taux de réussite augmente aussi de 25%, le nombre de points marqués reste constant, mais s’il augmente de moins de 25%, le nombre de points marqués diminue.
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 18.75 secondes
62.5% Augmentation de 25%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{18.75 s}} times mathsf{62.5%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{25 lancers} times mathsf{62.5%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{20 points}
end{array}$$
Temps de jeu
Fréquence
Taux de réussite
5:00 minutes (300 secondes)
1 / 18.75 secondes
61.5% Augmentation de 23%
$$begin{array}{rcl}
mathsf{Points} &
= &
mathsf{300 s} times mathsf{frac{1 lancer}{18.75 s}} times mathsf{61.5%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
= &
mathsf{25 lancers} times mathsf{61.5%} times mathsf{2 points/panier}
\
&
≈ &
color{red}{mathsf{19.7 points}}
end{array}$$
Si cette équipe décide de jouer encore plus lentement et prendre un lancer chaque 20 secondes, elle doit augmenter son taux de réussite à au moins 66.7% seulement pour arriver à marquer le même nombre de points.
Mais si elle joue plus rapidement, 1 lancer chaque 10 secondes, tant qu’elle peut maintenir un taux de réussite de plus de 33.3%, elle marquera plus de points.
Pour marquer un certain nombre de points, plus on joue rapidement, plus le taux de réussite peut être bas; plus on joue lentement, plus le taux de réussite doit être haut.
Les Nuggets de Denver de 1990-91
En 1990-91, les Nuggets de Denver ont appliqué ces conclusions parfaitement. Denver a joué à un rythme plus rapide que toutes les autres équipes de la NBA. Beaucoup plus rapide.
Denver
NBA Moyenne
2PA
7809 (1er/27)
6565
2PM
3601 (1er/27)
3204
2P%
46.1% (24e/27)
48.8%
PTS
9828 (1er/27)
8717
PACE
113.7 (1er/27)
97.8
Les Nuggets ont pris 7809 lancers et en ont réussis 3601, des sommets dans la NBA. Leur taux de réussite a été de 46.1%, bien en dessous de la moyenne de la ligue et pire que toutes les autres équipes sauf trois. Ils ont quand même marqué 9828 points, 1111 points de plus que l’équipe moyenne en 1990-91.
Denver a conservé un PACE (une estimation du nombre de possessions par 48 minutes) de 113.7 pour la saison. À titre de comparaison, les Bulls de Chicago ont eu PACE de 95.6. Les Nuggets ont profité de presque 20 possessions de plus que l’équipe de Michael Jordan à chaque match.
En jouant à un rythme beaucoup plus rapide que le reste de la ligue, ils ont marqué énormément de points. Malheureusement, même s’ils ont été les « meilleurs » en attaque, ils ont aussi été les pires en défense. Pour cette raison, ils ont remporter seulement 20 matchs, la pire fiche de toute la ligue.
Quelques années plus tard, une autre équipe a été la meilleure de ligue en attaque et la pire en défense. Mais cette équipe a terminé au premier rang de la ligue avec une fiche de 62-20. Pourquoi? Qui est cette équipe? Qu’est-ce qui les rend différents des Nuggets?
L’expérience de pensée du prochain article permettra de répondre à cette question.
À chaque fois que je commence à travailler avec un nouveau groupe d’athlètes, je leur pose toujours la même question :
« Qu’est-ce qu’il faut faire pour gagner au basketball ? »
C’est une question fondamentale pour tout joueur ou entraineur. Pourtant, peu importe si je m’adresse à des débutants ou à des gens de grande expérience, très peu d’entre eux se sont déjà posé la question et encore moins y ont trouvé une réponse claire. J’essaierai donc de commencer à répondre à cette question dans cet article.
La première chose que la plupart des groupes répondent à cette question est : « Il faut faire des points ». C’est un excellent début de réponse. Si on ne fait pas de points, on ne peut pas gagner. Le mieux qu’on peut espérer est un match nul de 0-0. Sinon, on peut seulement faire durer le plaisir le plus longtemps possible avant de perdre inévitablement. C’est un beau défi, mais la plupart des joueurs et entraineurs préfèreraient certainement avoir la possibilité de gagner.
Si c’est impossible de gagner sans faire de points, les chances de victoire ne sont pas beaucoup plus grandes si on en compte seulement 2, 5 ou même 10.
Combien de points doit-on marquer ? Est-ce qu’on aura plus de chance de gagner si on fait 10 points ou si on en fait 20 ? 30 ou 40 ? 50 ou 60 ? 110 ou 120 ?
La plupart des athlètes s’entendent pour dire que 20 points sont mieux que 10 et 40, mieux que 30. Mais quand on arrive à 110 ou 120, c’est moins évident.
Il y avait deux matchs à l’horaire lors de la soirée d’ouverture de la saison 2019-2020 de la NBA. Dans le premier, les Pelicans ont marqué 122 points et ont perdu, tandis que dans l’autre, les Clippers en ont marqué 112 et ont gagné.
Le soir suivant, les équipes qui ont compté 110 points ou moins ont cumulé une fiche de 5 victoires et 8 défaites, ceux qui en ont compté plus de 110, une fiche de 6-3. Près de la moitié des matchs, 5 sur 11, ont été gagné par des équipes qui ont réussi au plus 110 points, et le tiers des équipes qui ont marqué plus de 110 points, 3 sur 9, ont quand même perdu leur match.
Combien de points doit-on faire ? Il y a deux réponses qui sortent habituellement à ce moment-là : « Plus que l’autre équipe » et « Le plus possible ». Analysons ces deux réponses.
La première réponse peut sembler évidente, mais elle mérite qu’on s’y attarde. Le fait que pour gagner un match il est nécessaire de compter plus de point que son adversaire implique que le basketball est un jeu à somme nulle. En théorie des jeux, un jeu à somme nulle est un jeu dans lequel la somme des gains et des pertes de tous les joueurs doit être égale à 0. En français, ça veut dire que si une équipe gagne, l’autre équipe doit nécessairement perdre. Je reparlerai des jeux à somme nulle dans un prochain article. Pour l’instant, il suffit de bien comprendre que le succès d’une équipe au basket ne dépend pas uniquement de sa propre performance mais aussi (et peut-être surtout) de la performance de l’équipe adverse. Même si on joue le meilleur match de sa vie, on peut quand même perdre si l’adversaire joue mieux que nous. Inversement, il est possible de gagner même si on ne joue pas bien, il suffit que l’adversaire joue encore moins bien.
Penchons-nous maintenant sur la deuxième réponse. Est-il vrai qu’on devrait essayer de faire « le plus possible » de points ? La plupart des gens croient évidemment que oui, mais je n’en suis pas si sûr.
En 1990-91, les équipes de la NBA ont marqué en moyenne 106.3 points par match. Les Nuggets de Denver de l’entraineur Paul Westhead ont eu la meilleure attaque de la ligue. Ils ont compté un incroyable 119.9 points par match, 13.6 points de plus que la moyenne de la ligue et 3.3 de plus que l’équipe au deuxième rang. Malheureusement pour eux, en plus d’avoir le logo le plus laid de la ligue (ou le plus beau, si on n’a pas de gout), ils ont terminé la saison avec une fiche de 20–62, 7e dans la division Midwest, 14e dans la conférence de l’Ouest, 27e et bon dernier dans la ligue.
Points par match – 10 meilleures équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Attaque
27
Denver Nuggets
20
62
119.9
11
Golden State Warriors*
44
38
116.6
1
Portland Trail Blazers*
63
19
114.7
5
Phoenix Suns*
55
27
114.0
14
Indiana Pacers*
41
41
111.7
14
Boston Celtics*
56
26
111.5
12
Chicago Bulls*
61
21
110.0
13
Atlanta Hawks*
43
39
109.8
6
San Antonio Spurs*
55
27
107.1
8
Houston Rockets*
52
30
106.7
Moyenne
49
33
112.2
Points par match – 10 pires équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Attaque
16
New York Knicks*
39
43
103.1
24
New Jersey Nets
26
56
102.9
23
Charlotte Hornets
26
56
102.8
26
Miami Heat
24
58
101.8
17
Cleveland Cavaliers
33
49
101.7
20
Washington Bullets
30
52
101.4
9
Detroit Pistons*
50
32
100.1
22
Dallas Mavericks
28
54
99.9
21
Minnesota Timberwolves
29
53
99.6
25
Sacramento Kings
25
57
96.7
Moyenne
31
51
101.0
Comment une équipe si dominante en attaque a-t-elle pu être aussi mauvaise ? Certains de mes anciens entraineurs répondraient que c’est parce que la seule chose qui compte au basket, c’est la défense. L’important n’est pas de compter des points, mais d’empêcher l’adversaire d’en compter.
La meilleure équipe en défense cette année-là était les Pistons de Détroit. Ils ont accordé seulement 96.8 points par match à leurs adversaires, 9.5 points de moins que la moyenne de la ligue et 2.8 de moins que l’équipe au 2e rang. Avec une fiche de 50-32, les Pistons ont terminé au 2e rang de la division Central, 3e de la conférence de l’Est et 9e de la ligue. Beaucoup mieux que le Nuggets, mais rien d’exceptionnel.
Points alloués par match – 10 meilleures équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Défense
9
Detroit Pistons*
50
32
96.8
3
Los Angeles Lakers*
58
24
99.6
7
Utah Jazz*
54
28
100.7
2
Chicago Bulls*
61
21
101.0
6
San Antonio Spurs*
55
27
102.6
8
Houston Rockets*
52
30
103.2
16
New York Knicks*
39
43
103.3
21
Minnesota Timberwolves
29
53
103.5
25
Sacramento Kings
25
57
103.5
10
Milwaukee Bucks*
48
34
104.0
Moyenne
47
35
101.8
Points alloués par match – 10 pires équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Défense
18
Los Angeles Clippers
31
51
107.0
24
New Jersey Nets
26
56
107.5
5
Phoenix Suns*
55
27
107.5
26
Miami Heat
24
58
107.8
23
Charlotte Hornets
26
56
108.0
13
Atlanta Hawks*
43
39
109.0
19
Orlando Magic
31
51
109.9
14
Indiana Pacers*
41
41
112.1
11
Golden State Warriors*
44
38
115.0
27
Denver Nuggets
20
62
130.8
Moyenne
34
48
111.5
Est-ce que la défense est vraiment plus importante que l’attaque ?
Si on regarde les résultats de la saison 1990-91, c’est loin d’être évident.
Cette année-là, 9 des 10 meilleures équipes en attaque ont participé aux séries éliminatoires. Pour les meilleures équipes défensives, c’était 8 sur 10. Seulement 2 des 10 pires équipes en attaque ont réussi à faire les playoffs. Mais pour les pires en défense, c’était 4 équipes sur 10.
Les 10 meilleures équipes en attaque ont eu une fiche moyenne de 49-33, les meilleures en défense, une fiche de 47-35. Les pires équipes en défense ont mieux fait que les pires équipe en attaque, une moyenne de 34 victoires comparativement à 31.
Il semble qu’en 1990-91, si on avait à choisir entre être parmi les meilleurs en attaque ou en défense, il était mieux de privilégier l’attaque. On avait plus de chances de participer aux séries d’après-saison et on pouvait s’attendre à remporter 2 victoires de plus.
Mais si on faisait partie des équipes les plus poches, c’était moins pire d’être nul en défense qu’en attaque. On aurait deux fois plus de chances de se qualifier pour les séries et 3 victoires de plus en moyenne.
L’important, ce n’est pas de maximiser le nombre de points comptés ou de minimiser le nombre de accordés, mais d’optimiser l’écart entre le nombre de points marqués et accordés.
Écart de points par match – 10 meilleures équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Attaque
Défense
Net
2
Chicago Bulls*
61
21
110.0
101.0
9.0
1
Portland Trail Blazers*
63
19
114.7
106.0
8.7
3
Los Angeles Lakers*
58
24
106.3
99.6
6.7
5
Phoenix Suns*
55
27
114.0
107.5
6.5
4
Boston Celtics*
56
26
111.5
105.7
5.8
6
San Antonio Spurs*
55
27
107.1
102.6
4.5
8
Houston Rockets*
52
30
106.7
103.2
3.5
9
Detroit Pistons*
50
32
100.1
96.8
3.3
7
Utah Jazz*
54
28
104.0
100.7
3.3
10
Milwaukee Bucks*
48
34
106.4
104.0
2.4
Moyenne
55
27
108.1
102.7
5.4
Écart de points par match – 10 pires équipes – NBA 1990-91
Rang
Équipe
Victoires
Défaites
Attaque
Défense
Écart
18
Los Angeles Clippers
31
51
103.5
107.0
-3.5
21
Minnesota Timberwolves
29
53
99.6
103.5
-3.9
19
Orlando Magic
31
51
105.9
109.9
-4.0
22
Dallas Mavericks
28
54
99.9
104.5
-4.6
24
New Jersey Nets
26
56
102.9
107.5
-4.6
20
Washington Bullets
30
52
101.4
106.4
-5.0
23
Charlotte Hornets
26
56
102.8
108.0
-5.2
26
Miami Heat
24
58
101.8
107.8
-6.0
25
Sacramento Kings
25
57
96.7
103.5
-6.8
27
Denver Nuggets
20
62
119.9
130.8
-10.9
Moyenne
27
55
103.4
108.9
-2.9
Les 10 meilleures équipes au niveau de l’écart de points, sont également les 10 meilleures au niveau de la fiche de victoires et défaites. Toutes ces équipes ont participé aux séries éliminatoires.
Si on regarde plutôt les pires équipes au niveau de l’écart de points par match, encore une fois, ce sont aussi les pires au niveau de la fiche. Aucune n’a atteint les séries.
Les Nuggets, avec la meilleure attaque et la pire défense de la ligue, ont eu l’écart de points le plus bas de la ligue à -10.9 points par match. Denver marquait presque 11 points de moins que ses adversaires à chaque match.
Les Bulls de Chicago, quant à eux, ont eu la 7e meilleure attaque et la 4e meilleure défensive de la ligue. Ce qui leur a donné un écart de 9.0 points par match en moyenne. Cette année-là, ils ont remporté le premier de leur 6 championnats en 8 saisons.
La première étape pour répondre à la question de base, « Qu’est-ce qu’il faut faire pour gagner au basketball ? », c’est de bien comprendre que le nombre de points marqués ou accordés n’ont aucune importance. La seule chose qui compte, c’est la différence entre les deux.
Maintenant qu’on sait ce qu’il faut faire pour gagner, il ne reste plus qu’à trouver comment faire ce qu’il faut faire pour gagner au basketball.
Tous les joueurs de basket sérieux veulent s’améliorer le plus possible. Ils passent des heures à travailler pour perfectionner leurs habiletés individuelles et à se mesurer aux autres dans des compétitions structurées ou informelles. Mais très peu d’entre eux se donnent la peine de vraiment comprendre leur sport et d’en approfondir leur connaissance.
Le psychologue américain, Abraham Maslow (1908-1970), célèbre pour sa pyramide des besoins, explique que « si tout ce que vous avez est un marteau, tout ressemble à un clou ». Cette « loi de l’instrument » implique que quand on connait bien une approche, on a tendance à vouloir l’utiliser pour régler tous les problèmes auxquels on est confronté. Mais bien qu’un marteau soit super pour planter des clous, ce n’est certainement pas le meilleur choix si on veut visser des vis.
Pour être un bon charpentier-menuisier, il faut avoir un coffre à outils rempli du plus grand nombre des meilleurs outils possible et bien savoir quand et comment se servir de chacun d’entre eux. Un charpentier avec un seul outils devrait tout faire avec cet outil. Même s’il maitrise parfaitement l’utilisation du marteau (ou s’il a le meilleur gun à clous du monde), il sera quand même très difficile de bien couper ou mesurer une planche sans scie, ni tape à mesurer.
D’un autre côté, il ne suffit pas de s’acheter le plus d’outils possible non plus. Il faut savoir de quelle manière et dans quelle situation s’en servir. Il ne sert à rien d’avoir un marteau à panne fendue, un marteau de charpente, un marteau de démolition et un maillet, si on ne sait pas les différencier et encore moins quand en utiliser un plutôt qu’un autre.
Un joueur qui est seulement capable de lancer de l’extérieur sur réception de passe sera limité comme le travailleur qui sait seulement se servir d’un marteau. Mais un joueur qui est capable de bien dribbler, passer, lancer, attaquer le panier et jouer en défense doit aussi pouvoir prendre de bonnes décisions. Devrait-il dribbler ou passer? Lancer ou passer? Tenter un vol de ballon ou prendre position pour une faute offensive? Il ne sert à rien d’avoir un coffre à outils bien rempli et de savoir se servir de chacun de ses outils, si on ne sait pas comment choisir les bons outils pour chaque tâche.
Un entraineur trop rigide aura tendance à appliquer les mêmes bonnes vieilles solutions à tous les nouveaux problèmes auxquels il fera face. Il risque de perdre beaucoup de temps et d’énergie à donner des coups de marteau sur beaucoup des vis. Même s’il est le meilleur cogneur de marteau de l’histoire des cogneurs de marteau, un entraineur qui utilise un tournevis va toujours être meilleur que lui pour visser des vis. Mais même l’entraineur avec le tournevis doit rester ouvert d’esprit et accepter d’utiliser une perceuse dans bien des cas si ça fonctionne mieux.
Au basketball, il faut remplir son coffre à outils de plusieurs techniques et tactiques. Il faut aussi avoir une connaissance approfondie du basketball, de la psychologie, des mathématiques, de la physiologie et de plusieurs autres sujets. C’est comme ça qu’on pourra utiliser effacement les techniques et tactiques les plus appropriées pour résoudre les problèmes auxquels il faut faire face au basketball. Idéalement, on pourra aussi inventer de nouvelles techniques et tactiques et trouver des solutions innovatrices à de nouveaux problèmes de plus en plus complexes.
L’objectif de ce blog est d’explorer en profondeur le basketball. J’espère qu’il permettra aux joueurs de s’améliorer, aux entraineurs de mieux préparer leurs athlètes et leurs équipes, aux parents de mieux accompagner leurs enfants et à tous ceux qui aiment le basket de l’apprécier encore plus. J’espère qu’il me permettra aussi de profiter des idées et commentaires de ceux qui le liront. Mes idées sur le basket (rarement originales et le plus souvent emprunter à d’autres beaucoup plus brillants que moi) sont en constante évolution et j’espère que ce blog et votre contribution m’aideront à les adapter et les améliorer avec le temps.